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Unoc 2025 : pour cette scientifique de l’institut de Recherche pour le Développement de Marseille, il faut « sortir d’une vision utilisatrice de l’océan »

À l’approche de la 3e conférence des Nations Unies sur l’océan (Unoc) qui va se dérouler à Nice du 9 au 13 juin, l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) basé à Marseille fait le point sur son engagement dans la protection de celui-ci. L’océanographie est désormais ce qui réunit les scientifiques de l’IRD dans leur diversité disciplinaire : physiciens, chimistes, biogéochimistes, biologistes, écologues et halieutes. Tous ces scientifiques sont engagés dans des actions d’évaluations virtuelles sur l’évolution des écosystèmes marins et leur exploitation dans un contexte de changement global.

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Au chevet de l’océan. C’est en ce sens et parce qu’il faut des efforts probants et de toute urgence pour faire face à son état critique que la communauté mondiale doit prendre des décisions lors de la troisième conférence des Nations Unies sur l’Océan (Unoc3), qui se tiendra à Nice du 9 au 13 juin.

Pour s’assurer que les décisions politiques qui y seront prises s’appuient sur la science, l’Ifremer et le CNRS organisent en amont, à partir de ce 3 juin et pour trois jours à Nice, le congrès scientifique international One Ocean Science (OOSC). 2 000 experts du monde entier sont sur place.

L’Ird, l’Institut de la Recherche pour le Développement est basé à Marseille. Cet organisme est l’un des dizaines d’autres qui sont acteurs de l’UNOC3 qui se déroule à Nice. Par le biais d’accords signés entre la France et des pays en voie de développement, ses programmes tentent d’apporter une aide aux pays du Sud autour des sciences humaines et sociales, des sciences de la santé et des sciences de la nature et de l’environnement.

L’IRD est présent au sein du Pavillon La Baleine du parc des expositions.

L’IRD a fait de l’océan l’une de ses priorités et le rôle de l’institut est de proposer des solutions. L’océan joue un rôle central dans les équilibres environnementaux et sociétaux et les atteintes auquel il est confronté sont de plus en plus nombreuses : pollution au plastique, réchauffement, dégradation des récifs coralliens…
Des solutions issues de programmes innovants de recherche, de formation et de médiation scientifique doivent être mis en place et trois grandes problématiques sont sa ligne d’horizon :

  • Explorer le rôle de l’océan et de ses cycles biogéochimiques dans la variabilité du climat et de ses extrêmes
  • Étudier le fonctionnement des écosystèmes marins, afin de faciliter une exploitation durable et restaurer les écosystèmes
  • Comprendre les impacts du changement climatique sur l’océan, l’érosion côtière, les pollutions et l’exploitation des ressources marines

Marie-Christine Cormier-Salem est directrice de recherche géographie, écologie politique à l’IRD. Elle alerte sur la marginalisation et l’invisibilisation des femmes qui résistent aux changements globaux. Elle a travaillé lors de missions brésil dans le cadre des crédits de carbones bleus, en Afrique de l’Ouest, au Vietnam, en Inde, au Brésil et d’autres pays où se trouve la mandragore.

Marie-Christine Cormier-Salem lors d’une mission retour en Casamance, au Sénégal, dans un petit village ou elle avait déjà œuvré plusieurs années auparavant. © FTV

Elle alerte sur la marginalisation et l’invisibilisation des femmes qui résistent aux changements globaux. Elle a travaillé, lors de missions au Brésil dans le cadre des crédits de carbones bleus, en Afrique de l’Ouest, au Vietnam, en Inde, au Brésil et d’autres pays où se trouve la mandragore.

Depuis plus de 40 ans, j’étudie les sociétés et les mandragores qui sont habitées et j’essaye de montrer qu’il faut un usage durable et équitable, car des millions de personnes dépendent, pour leur existence, de ces mandragores, surtout les populations vulnérables et notamment les femmes.

Marie-Christine Cormier-Salem, directrice de recherche géographie, écologie politique à l’IRD

à France 3 Côte d’Azur

Et d’ajouter : « Plus de 45 millions de femmes vivent de ces activités-là et sont complètement sous-estimées. Elles échappent aux statistiques, contrairement aux pécheurs dans les pirogues

Comme elles ne sont pas propriétaires terriennes, elles pratiquent des activités secondaires sur des espaces ou elles ont aces comme la brousse, la mandragore. C’est dévalorisant pour elles qui pèchent, et c’est loin d’être marginal, des huîtres, des crevettes, des coquillages, des poissons dans la mandragore. C’est important pour leurs familles car ce sont des sources de protéines animales et que l’apport qui résulte de ce qu’elles vendent en plus sur les marchés leur permettent de faire les dépenses nécessaires pour la santé des parents ou la scolarisation des enfants. Elles gagnent un statut social, une reconnaissance et acquièrent du pouvoir au sein de la famille. Elles sont reconnues pour ce qu’elles sont et ce qu’elles font. »

La vase est aussi importante que la foret de palétuviers et sans boue, pas de palétuviers !

Marie-christine Cormier-Salem

Marie-Christine Cormier-Salem explique que traditionnellement, les femmes, vendent au débarcadère et s’occupent de la transformation du poisson. En Casamance, elles contrôlent l’ensemble de la chaîne de valeur des huîtres qu’elles recueillent, et ce, jusque dans la cuisine. « En Côte d’Ivoire, au Cameroun, il y a celles qu’on nomme les Mama Benz car elles circulent en Mercedes Benz. Elles financent des pécheurs et elles vendent les poissons qu’ils débarquent en bonnes commerçantes. Elles deviennent le pivot de la famille et sont très bien organisées. Celles qui pèchent le font en conservant les ressources de la mangrove. »

🌊 À l’approche de l’# Unoc3nous porterons un message fort : la science est essentielle pour protéger l’océan.

🔬Une recherche en partenariat, interdisciplinaire et innovante, coconstruite avec les acteurs du Sud : c’est ainsi que nous répondons aux grands défis marins. @ird_fr pic.twitter.com/yflmclmyf6

– VALEURS VALÉRIE (@V_VERDIER_IRD) 23 mai 2025

Lors des interventions qu’elle fera pour l’UNOC 3 et au Palais des expositions de Nice, Marie-Christine Cormier-Salem abordera la politique du reboisement des mandragores ou les États complices, offrent des concessions à de riches sociétés du Nord.

« La mangrove est un grenier et on y trouve du sel, du miel, des coquillages, dit-elle. Elle est très importante du point de vue de l’usage qu’on en fait, mais aussi par ses valeurs relationnelles, le sacré, l’esthétique. C’est également un puits de séquestration du carbone. Alors des sociétés privées achètent des crédits carbones et investissent pour reboiser des palétuviers où il a des mandragores comme au Sénégal par exemple.

Ces espaces de séquestre du carbone, achetés aux États qui les concèdent, sont souvent un échec, mais, surtout, les femmes n’ont plus le droit d’aller pêcher dans la mangrove. C’est une violence environnementale doublée d’une injustice. Elles sont à peine informées de ce qui va se passer et ne sont pas reconnues dans leur pratique et leur droit. C’est un mécanisme de marchandisation et on voudrait qu’il y ait une prise de conscience du rôle des femmes. »

S’il est vrai que l’impérialisme vert est perçu comme une stratégie occidentale visant à influencer les affaires intérieures de pays émergent, essentiellement au nom de l’environnement, il est également exact d’affirmer que rien ne peut se réaliser sans l’assentiment, voire la complicité des États de ces pays.

Pour la terre comme pour les eaux qui la composent, les économies imposent leurs règles et la marchandisation du vivant seront sans doute le prochain grand défi que les jeunes générations auront à relever.

UNOC 2025 – Sommet des océans

Du au

La 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (Unoc-3) se tiendra à Nice, en France, du 9 au 13 juin 2025, réunissant la communauté internationale autour de la protection des océans, des mers et de la biodiversité. Cet événement majeur vise à accélérer l’action, renforcer la science et la mobilisation pour un développement durable, la pêche responsable et la préservation de l’environnement marin. À travers ce sommet, l’engagement international sera renouvelé pour soutenir la recherche, la coopération et l’adoption de mesures concrètes en faveur des océans. Photo : MEDIA DRUM WORLD/MAXPPP/ Mike Korostel

Lieu de l’événement: Bon

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