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Les mangroves pourraient protéger les bâtiments contre les séismes

D’après des chercheurstravaillant sur l’île française de la Guadeloupe, les anciennes mangroves, comme celles qui ont été remblayées dans les zones côtièresdes Caraïbes, peuvent protéger les bâtiments contre les séismes.

Ils expliquent que la construction sur ces mangroves remblayées pourrait s’avérer bénéfique dans les régions à forte activité sismique, surtout dans les endroits où les constructions parasismiques sont rares.

Les ingénieursqui conçoivent les bâtiments parasismiquesutilisent la technique d’isolement bas, en ajoutant une couche fine de paliers amortisseurs entre le sol et le bâtiment.

En cas de séismele bâtiment parasismique se déplace comme une structure entière, réduisant ainsi les dégâts sismiques.

“En tant qu’ingénieur-architecte, si vous savez à quelle fréquencevotre bâtiment sera secoué, vous pouvez éviter que les secousses ne constituent un problème.”

Andrew Brennan, professeur de géotechnique à l’université de Dundee, Royaume-Uni

Selon Philippe Gueguen de l’université française Joseph Fourier, principal auteur d’une étude sur la question publiée dans l’édition de juin du Bulletin de la Société sismologique d’Amérique, les mangroves produiraient des effets similaires.

Son équipe s’est servie de capteurs et de modèles mathématiquespour analyser les mouvements du soldans plus de 60 séismes de magnitudes 2 à 6,4 sur un site d’essai en Guadeloupe.

L’équipe a constaté que bien que la régionait un sol meuble et sableux, fortement prédisposé à la «liquéfaction» – processus dans lequel le sol se déstructure et se comporte comme un liquide pendant un séisme – la flexibilité de la couchede mangrove réduit considérablement la déformation du sol.

Selon Gueguen, ceci expliquerait pourquoiles personnes vivant dans des maisons construites sur les mangroves ont subides dégâts mineurs après un séisme d’amplitude 7,4 en Martinique en 2007.

La conclusion de cette étude, selon laquelle la couche de mangrove se déplace à une fréquencestable,pourrait également aider les ingénieurs-architectes à concevoir des bâtimentsplus sûrs, affirme Andrew Brennan, professeur de géotechnique à l’université de Dundee au Royaume-Uni

«En tant qu’ingénieur-architecte, si vous savez à quelle fréquencevotre bâtiment sera secoué, vous pouvez éviter que les secousses ne constituent un problème», soutient Brennan.

Gueguen pense également que les résultats de cette étude pourraient s’appliquer aux autres régions subtropicales à forte activité sismique où on retrouve des mangroves, notamment les régions côtières d’Amérique du sud.

Brad Walters, professeur de géographie et d’environnement à l’Université Mount Allison, au Canada, affirme que les mangroves peuvent également protéger contre les ouragans et les tsunamis grâce à leur structure complexe faite de racines et de tiges solides en surface et dans le sol qui atténuent l’impact des vagues et des rafales de vent.

Toutefois, planter de nouvelles forêts de mangroves ne peut pas protéger contre les séismes, étant donné que les mangroves utilisées dans cette étude sont anciennes et profondément enfouies dans le sol.

Walters ajoute qu’étant donné que les séismes s’accompagnent généralement de tsunamis dans les régions côtières, c’est la protection contre les vagues qui devrait être un sujet de préoccupation majeur.

Par ailleurs, les effets protecteurs des anciennes mangroves pendant les séismes de forte amplitude ne sont pas encore avérés dans la mesure où l’étude n’a portéque sur des séismes d’amplitude modérée, précise Gueguen.

Lien vers le résumé dans Bulletin of the Seismological Society of America

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