• RESEARCH HIGHLIGHT

L’étude permet de mieux comprendre les effets involontaires des activités humaines sur les invertébrés vivant dans les dépôts de sédiments.

Une étude suggère que la pollution par les métaux lourds et les méthodes traditionnelles de récolte des coquillages ont des effets inattendus sur les écosystèmes côtiers du Sénégal.

L’étude menée par un chercheuse doctorante de l’université Åbo Akademi, en Finlande, a montré pour la première fois l’impact de l’homme et des variables environnementales sur les mangroves sénégalaises, soulignant l’importance de la conservation et de la gestion au niveau local.

L’étude faisait partie du projet Femmes et Coquillages, qui cherche à comprendre les connaissances et les pratiques traditionnelles afin de contribuer à l’exploitation durable des ressources en coquillages.

Cueillette traditionnelle de coquillages dans le Sine Saloum, Sénégal.Crédit : François Le Loc’h

L’équipe a étudié les principales zones de mangrove du Sénégal, le Sine Saloum et la Petite Côte, afin d’évaluer l’influence de l’environnement et des activités humaines (c’est-à-dire la récolte de coquillages et la pollution par les métaux lourds) sur les principaux animaux côtiers. Sur la base des données recueillies sur les invertébrés vivant dans les sédiments des fonds marins entre 2007 et 2008, les chercheurs et chercheuses ont établi un rapport sur l’état des zones de mangrove afin de comprendre les facteurs influençant les animaux aquatiques, dit infauniques, qui vivent dans le substrat d’un plan d’eau et qui sont particulièrement communs dans les sédiments mous.

Les résultats sont importants car « aucune donnée n’a été publiée sur ces communautés endofaune depuis 1985. Notre étude constitue donc un point de référence important pour les recherches futures », explique Maïté Jacquot, autrice principale de l’étude.

Les chercheurs et chercheuses ont constaté que les invertébrés étaient moins abondants et avaient un plus faible poids sur les sites de récolte des coquillages. La pollution par les métaux lourds affecte la diversité des invertébrés, et donc une diminution des espèces sur les sites pollués. En outre, dans les endroits situés plus loin des habitats humains et moins touchés par la récolte et la pollution, la diversité et l’abondance des invertébrés ont été affectées par les changements naturels de l’environnement, tels que la température et la salinité de l’eau.

doi: https://doi.org/10.1038/d44148-023-00375-x