Visite d'échange Ghana

La caravane des gestionnaires d’Aires Protégées : retour sur l’étape ghanéenne

Une caravane au service de la biodiversité


 


Du 22 au 27 septembre 2025, une caravane de visite d’échange a réuni les gestionnaires des aires protégées du Bénin, du Togo et du Ghana. Cette initiative s’inscrit à la fois dans le projet Festival Mangal, porté par le Collectif des Deltas du Golfe du Bénin ainsi que dans le projet AGEREB (« Appui à la Gestion de la Réserve de Biosphère du Mono et de l’Aire Marine Protégée pour un développement économique inclusif durable ») financé par l’Union Européenne et sous la coordination de l’UICN. A travers cette initiative, les acteurs du Collectif des Deltas du Golfe du Bénin s’engagent autour d’une conviction forte : « la nature ne connaît pas de frontières, mais sa préservation exige une solidarité régionale. »


La caravane a permis à vingt-sept gestionnaires béninois de rejoindre leurs pairs togolais et ghanéens. La délégation regroupait une diversité d’acteurs tels que des représentants des Aires Communautaires de Conservation de la Biodiversité de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Mono (RBTM), du bureau de l’Aire Marine Protégée (AMP) de la Bouche du Roy, du CENAGREF, de la DGEFC, des mairies concernées, de l’Autorité du Bassin du Mono, ainsi que des ONG et institutions partenaires.


 


Plongée au cœur du Complexe lagunaire de Keta, le plus grand site Ramsar du Ghana


 


Après avoir visité différentes aires protégées du Togo, les gestionnaires ont découvert le complexe lagunaire de Keta, situé au sud-est du Ghana, du 25 au 27 septembre. Ce plus vaste site Ramsar du pays s’impose comme un sanctuaire naturel unique, abritant 72 espèces d’oiseaux représentant plus de 100 000 individus, ainsi que plusieurs espèces menacées, telles que les tortues marines.


Cette visite s’est articulée autour de trois temps forts, détaillés ci-dessous.


 


Premier temps : Séance d’échange sur la gouvernance et la gestion durable des écosystèmes


La mission a débuté par une séance de travail à la Direction forestière, en présence du conservateur principal du site. Les échanges ont porté sur la gouvernance du site Ramsar, les approches de restauration des écosystèmes, notamment les mangroves, ainsi que sur la valorisation écologique et socio-économique du site. Les discussions se sont particulièrement enrichies autour des techniques de germination d’espèces rares de palétuviers telles que Conocarpus erectus et Laguncularia racemosa.


Cet échange a permis aux gestionnaires de comparer leurs pratiques, d’approfondir leurs connaissances et d’identifier des pistes concrètes d’amélioration pour renforcer la résilience des mangroves.


 


Deuxième temps : immersion communautaire et pratiques de restauration


La deuxième étape fut marquée par une visite de terrain immersive. Les participants ont rencontré cinq CREMA (Community Resource Management Areas), acteurs clés de la restauration écologique. Ces communautés locales ont présenté leurs actions de reboisement sur plus de 10 hectares de mangroves, leurs activités génératrices de revenus (saliculture, pêche durable, écotourisme) et les retombées positives sur la valorisation du site.


Cet échange a illustré le rôle central des communautés dans la gestion participative des ressources naturelles.


 


Troisième temps : analyse collective et perspectives


Enfin, la visite s’est conclue par des travaux de groupe en atelier. Les participants ont procédé à une analyse SWOT (forces, faiblesses, opportunités, menaces) du site et partagé plusieurs success stories issues de leurs expériences respectives. Ils ont également identifié les acquis du projet, défini les projections futures et convenu de la création d’une Communauté d’Apprentissage des pratiques, afin de renforcer les échanges de connaissances au-delà de la visite.


 


Une expérience de terrain riche en enseignements


 


La visite d’échange au Ghana a mis en lumière la pertinence d’une gouvernance participative et inclusive, où l’État, les ONG, les partenaires techniques et les communautés s’unissent pour préserver un site d’une valeur écologique et socio-économique élevée. Elle a également permis aux gestionnaires de consolider leurs compétences, d’élargir leurs perspectives et de nourrir une dynamique collective de conservation transfrontalière.


 


Remerciements et perspectives


 


Le projet bénéficie du soutien de nombreux acteurs : les partenaires des projets AGEREB, ECODELTA et DELTA MONO, LuxDev, les ONG membres du Collectif des Deltas du Golfe du Bénin, et bien sûr les communautés locales et les gestionnaires des sites visités.

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